Le Projet ANDRESARE naît en 2002, avec l'octroi d'une Bourse d'Eusko Ikaskuntza pour la réalisation d'une « Étude bibliographique des travaux de recherche sur les systèmes et rapports de genre en Euskal Herria ». Cette étude visait à rendre compte du corpus de connaissance développé depuis les années quatre-vingts du XXe siècle, dont l'importance semblait de plus en plus évidente compte tenu de l'intérêt croissant à l'égard des études féministes et de genre. L'Université du Pays Basque/Euskal Herriko Unibertsitatea à participé dès le début à ce mouvement féministe académique, dont témoigne la publication Mujer vasca imagen y realidad (1985). Un autre exemple est la création du Séminaire d'Études de la Femme (SEM/EBIM), en 1980, qui est l'un des quatre premiers institués dans le réseau universitaire de l'État Espagnol. Ses publications, activités, journées et un congrès ainsi le confirment. De même que sa bibliothèque, aujourd'hui intégrée dans la Faculté de Philosophie et des Sciences de l'Éducation. Fruit du travail académique sont les cours de Doctorat dispensés depuis 1984, la mise en place de matières centrales en Anthropologie, la célébration d'un Master, ainsi que les thèses soutenues à l'excellence reconnue. Un intérêt qui répondait également au développement de ces études dans le reste de l'État Espagnol ainsi qu'en Europe, aux États-Unis et en Amérique Latine. Un nouveau savoir qui, en partant de la pensée illustrée, rejoint le suffragisme, s'enrichit avec le mouvement féministe et acquiert un statut dans les milieux universitaires à partir des années soixante-dix du XXe siècle, dans le contexte anglo-saxon et français initialement et, ensuite, dans les années 1980, au sein de l'État Espagnol. Ce même savoir serait postérieurement présent dans différents pays d'Amérique Latine.
Le projet de recherche amorcé en 2002 comporte plusieurs références bibliographiques relatives aux champs de savoir suivants : Anthropologie, Histoire, Sociologie et Sciences Politiques, Philosophie, Droit, Sciences de l'Information, Pédagogie, Art et Littérature. La réponse, quant à la fourniture d'informations de la part des différents auteurs, a été positive et, grâce au matériel collecté, nous avons pu constater l'existence d'un important corpus de travaux de recherche réalisés. Un matériel qui constitue, certes, une précieuse contribution pour l'enseignement, la recherche ou pour affronter des problématiques directement liées aux domaines d'intérêt social, telles que notamment la santé des femmes, leur fonction dans la famille et dans le domaine de la citoyenneté, leur réalité dans le monde du travail, leur présence dans les institutions publiques, dans la politique et l'entreprise, leur rôle dans la culture basque, leur représentation dans le domaine des loisirs ou de la création, leur participation à la conception et organisation des villes et la situation des femmes émigrantes.
Tout ce riche matériel une fois rassemblé, nous avons envisagé la manière de faire connaître le projet et de le tenir à jour en comptant, pour ce faire, sur l'aide d'Eusko Ikaskuntza et sur le conseil d'Euskomedia. Nous avons ainsi convenu que la manière la plus souple, intégratrice et divulgative pour sa diffusion était Internet. Et c'est ainsi que surgit l'idée de créer ANDRESARE, un site Web qui naît avec la vocation de devenir un outil permettant de connaître et de valoriser tous les travaux réalisés en la matière, de procéder à sa mise à jour et de l'élargir avec les recherches en cours ou celles à venir, comme forme imparable du devenir d'un nouveau savoir. Une connaissance qui a également une incidence directe sur la transformation sociale, dans la mesure où elle contribue au progrès vers une société plus égalitaire, dans laquelle l'équité doit être une référence et une contribution constante et qui constitue, de fait, le point de départ pour la création de la plate-forme virtuelle dénommée. ANDRESARE, impulsée par Eusko Ikaskuntza sous les auspices d'Euskomedia.